Pyrite ou pyrrhotite : quoi vérifier avant d’acheter en Montérégie
Mise à jour : 11 octobre 2026
Photo de couverture : image originale générée avec OpenAI pour cet article, le 11 octobre 2026.

Dans certaines maisons, un plancher de sous-sol qui se fissure ou se soulève fait rapidement penser à la pyrite. Pourtant, la pyrite et la pyrrhotite sont deux phénomènes différents, et un simple chiffre inscrit dans un ancien rapport ne suffit pas pour conclure qu’une propriété est problématique.
Pour un achat ou une vente à Valleyfield, à Les Coteaux ou ailleurs en Montérégie-Ouest, la bonne approche consiste à vérifier l’historique, les signes visibles, la qualité de l’expertise et les conclusions complètes du rapport.
Pyrite et pyrrhotite : quelle différence?
La pyrite est un sulfure de fer qui peut se trouver dans la pierre de remblai sous une dalle de béton ou autour des drains de fondation. Dans certaines conditions, son oxydation peut provoquer un gonflement du remblai, puis des soulèvements de dalle et des fissures.
La pyrrhotite, elle, se trouve dans le béton lui-même. Elle peut entraîner la fissuration et la dégradation des fondations. Autrement dit, l’une concerne principalement le remblai sous la dalle, tandis que l’autre peut affecter le béton des fondations.
Est-ce un enjeu en Montérégie?
Oui, le phénomène de la pyrite a été documenté dans la région métropolitaine de Montréal, particulièrement sur la Rive-Sud. Valleyfield et Les Coteaux ne figurent pas parmi les secteurs les plus souvent cités par l’OACIQ, mais cela n’élimine pas la nécessité de vérifier une propriété lorsqu’il existe des signes, un rapport antérieur ou un historique de travaux.
Une inspection visuelle demeure importante, mais elle ne permet pas à elle seule de confirmer ou d’écarter un problème de pyrite. L’origine d’une fissure peut être multiple : retrait normal du béton, mouvement du sol, infiltration d’eau, drainage déficient ou gonflement du remblai.
Pourquoi le fameux « pourcentage » peut être trompeur
On entend encore parfois qu’un résultat inférieur à 10 % serait automatiquement rassurant. Cette façon de présenter les choses est incorrecte. L’IPPG, ou indice pétrographique du potentiel de gonflement, n’est pas un pourcentage : c’est une échelle graduée de 0 à 100.
L’OACIQ rappelle aussi qu’il faut considérer plusieurs autres facteurs, notamment le type de sulfures, l’âge du bâtiment, l’épaisseur du remblai, les analyses chimiques, l’état du béton et les conclusions finales de l’expert. Une clause d’achat ne devrait donc pas reposer sur un seuil arbitraire choisi à l’avance.
Acheteurs : 6 vérifications avant de vous engager
Lire les Déclarations du vendeur et demander s’il existe un rapport de pyrite ou de pyrrhotite.
Obtenir toutes les pages du rapport, pas seulement le résultat ou la page sommaire.
Vérifier le nom du laboratoire, la date de l’analyse, les endroits échantillonnés et la méthode utilisée.
Faire examiner les fissures, les soulèvements et les réparations par l’inspecteur en bâtiment.
Demander les factures et les garanties si des travaux correctifs ont déjà été réalisés.
Si aucune expertise n’existe et que la situation le justifie, prévoir une condition écrite laissant suffisamment de temps pour l’analyse et l’interprétation des résultats.
L’OACIQ recommande de recourir à un laboratoire reconnu appliquant la méthodologie CTQ M-200 lorsqu’une analyse du remblai est requise. Il peut être prudent de consulter son propre expert pour interpréter un rapport existant avant de décider de poursuivre la transaction.
Vendeurs : la transparence protège aussi votre transaction
Si vous connaissez l’existence d’un rapport, de fissures importantes, d’un soulèvement de dalle ou de réparations, ces renseignements doivent être déclarés. Les rapports et les factures devraient être réunis avant la mise en marché afin que l’acheteur puisse évaluer la situation avec des documents complets.
Faire clarifier un dossier avant l’inscription peut aussi éviter qu’une promesse d’achat soit ralentie ou fragilisée par une expertise tardive. Selon les recommandations de l’OACIQ, lorsqu’une expertise n’a pas encore été effectuée dans une situation qui le justifie, il faut prévoir environ trois semaines pour le processus.
Et l’aide financière pour la pyrrhotite?
Les pages officielles du Gouvernement du Québec indiquent que le Programme pour les résidences endommagées par la pyrrhotite est suspendu depuis le 1er avril 2025 en l’absence de nouveau financement et qu’aucune nouvelle demande n’est acceptée dans l’immédiat. Il faut donc vérifier l’état actuel du programme directement auprès de la Société d’habitation du Québec avant d’établir un budget de travaux ou d’expertise.
L’essentiel à retenir
Une fissure n’est pas un diagnostic, et un indice isolé n’est pas une conclusion. Pour acheter ou vendre avec confiance, il faut réunir les déclarations, les rapports complets, les preuves de travaux et l’avis des professionnels compétents.
Vous avez un projet dans la région?
Vous envisagez l’achat ou la vente d’une propriété à Valleyfield, à Les Coteaux ou en Montérégie-Ouest? Je peux vous aider à structurer les vérifications et les conditions de la transaction en fonction du dossier.
Cet article présente de l’information générale. Il ne remplace pas une inspection, une expertise en laboratoire, un avis juridique ou une évaluation professionnelle adaptée à l’immeuble.




